Les EPR2
Les nouveaux réacteurs à eau pressurisée : les EPR2
La mise en place de deux réacteurs nucléaires EPR2 (Réacteur de Puissance Évolutif) sur le site de Gravelines s’inscrit dans une stratégie industrielle visant à consolider l’indépendance énergétique de la France. Ce projet a pour objectif d’accroître la production nationale d’électricité bas carbone et pilotable, tout en restant compétitif en termes de coûts.
Sommaire
La relance du nucléaire
Dans le cadre de la Stratégie Nationale Bas Carbone (SNBC), visant la neutralité carbone en 2050, la France accélère sa relance nucléaire via les Programmations Pluriannuelles de l’Énergie. Annoncé le 10 février 2022 à Belfort, le programme prévoit de nouveaux réacteurs dès 2035. Cette stratégie s’accompagne de la mise en place progressive d’un cadre législatif et institutionnel structurant.
Les fondamentaux du programme EPR2
Fonctionnant sur le même principe que les réacteurs actuels, les réacteurs EPR2 sont conçus pour offrir des performances de sûreté et environnementales parmi les plus élevées au monde, intégrant dès leur conception les retours d’expérience de l’accident de Fukushima.
Ce modèle est une évolution de l’EPR déjà en fonctionnement, qui a été construit dans les centrales nucléaires de Flamanville (France), Taïshan (Chine), Olkiluoto (Finlande) et en construction à Hinkley Point C (Angleterre). Bénéficiant du retour d’expérience des ces prédécesseurs les EPR, le design de l’EPR2 a été simplifié pour le rendre plus facile à construire, en série, tout en maintenant un très haut niveau de sûreté.
Pour en apprendre un peu plus sur les retours d’expérience sur la mise en place de projets d’EPR2 dans le monde, vous trouverez une synthèse ici.
Pour consulter le retour d’expérience spécifique au chantier de Flamanville, cliquez ici.

3 paires d’EPR2 dont une à Gravelines
Le programme EPR2 prévoit la construction de 3 paires de nouveaux réacteurs de 3ème génération sur les sites de Penly (Normandie), Gravelines (Haut-de-France) et Bugey (Auvergne-Rhône-Alpes).
Le choix de Gravelines s’explique par l’appui important des acteurs locaux au projet, ainsi que par les atouts spécifiques du site, tels que la disponibilité des terrains, la connexion au réseau électrique et la présence d’une source froide, en l’occurrence la mer.
La production électrique issue de deux réacteurs EPR2 de Gravelines pourrait couvrir près de 40 % de la consommation électrique actuelle de la région Hauts-de-France. Leur mise en service est envisagée après un chantier estimé entre 12 et 15 ans, incluant les phases préparatoires.
Le projet est mené conjointement par EDF et RTE : EDF est en charge du développement des réacteurs, tandis que RTE est responsable de leur raccordement au réseau national de transport d’électricité. Ce raccordement impliquera notamment la construction de quatre lignes à haute tension de 400 000 volts (deux en aérien et deux en souterrain), ainsi que deux lignes souterraines supplémentaires de 90 000 volts.
Le réseau électrique est ainsi en pleine adaptation avec la construction d’un poste électrique nommé Flandre maritime
Ce poste accompagnera la transition énergétique du dunkerquois et sa dynamique en matière de décarbonation et de réindustrialisation en permettant de raccorder de nouveaux moyens de production et de consommation d’électricité.
La participation du public : débat et concertation continue
Dans le cadre de grands projet ayant un impact sur l’environnement, la Commission National du Débat Public (CNDP) est saisie afin de veiller au respect du droit à l’information et à la participation du public, notamment via la mise en place de débats publics.
Faisant suite au débat public ayant eu lieu à Penly (site d’implantation de la première paire d’EPR2), le débat public pour les EPR2 de Gravelines s’est tenu du 17 septembre 2024 au 17 janvier 2025, permettant aux citoyens, élus, experts et associations d’exprimer leurs avis sur plusieurs thématiques.
Pour en apprendre plus sur le débat public et les recommandations de la CNDP, cliquez ici.
La CLI de Gravelines a participé comme les différentes parties prenantes au débat mais a également contribué sur les sessions suivantes en tant qu’intervenant à 2 réunions. Elle a également rédigé un cahier d’acteur détaillant son point de vue de manière argumentée sur le projet de nouveaux réacteur nucléaires à Gravelines.
A l’issu du débat public, le CNDP formule des recommandations auxquels les maitres d’ouvrage, EDF et RTE, répondent.
Le 20 mai 2025, EDF a confirmé son intention de poursuivre le développement du projet EPR2 à Gravelines, en engageant les démarches administratives nécessaires à sa réalisation, notamment la demande de raccordement au réseau électrique auprès de RTE.
Pour en savoir plus sur la réponse des maitres d’ouvrage, cliquez ici.
Depuis le mois de septembre 2025, le projet de construction d’une paire de réacteurs EPR2 à Gravelines est entré dans une nouvelle phase : la concertation continue. Elle vise à prolonger l’information et le dialogue pendant les phases d’études approfondies et de préparation des demandes d’autorisation.
Les autorisations administratives : DAE et DAC
La réalisation du projet EPR2 nécessite plusieurs autorisations administratives préalables, dont les dossiers seront successivement déposés :

L’étude d’impact
Dans le cadre de ces demandes d’autorisation, EDF réalise une étude d’impact. Cet outil permet d’évaluer les incidences sur l’environnement et la santé humaine du projet dans son ensemble, notamment :
- la consommation d’eau douce et d’eau potable,
- l’usage des terres et l’artificialisation des sols,
- le trafic routier,
- ferroviaire et maritime,
- les émissions sonores et vibratoires,
- la production de déchets,
- le dragage et restitution des sédiments,
- les émissions à l’atmosphère,
- les rejets d’effluents liquides,
- l’impact sur la biodiversité,
- l’impact sur les sites Natura 2000 en mettant en œuvre la séquence ERC (éviter, réduire, compenser)
La partie de l’étude d’impact concernant la demande d’autorisation environnementale a déjà été produite et sera complétée par la suite pour la demande d’autorisation de création.
Les 3 grandes phases du chantier de construction
Les travaux pour la construction des deux unités de production EPR2 comportent 3 grandes phases :
Les travaux préparatoires
Les travaux comprennent la mise en place du chantier (incluant la modification du réseau viaire), le terrassement et le renforcement des sols sous les futurs bâtiments réacteurs, le creusement du canal d’amenée, la réalisation des ouvrages de rejet en mer, ainsi que des travaux de génie civil ne destinés pas à accueillir de combustibles nucléaires.
La construction du génie civil
Ces travaux comprennent la construction de l’ensemble des bâtiments et des galeries, la réalisation des ouvrages en mer, ainsi que les Voiries et Réseaux Divers (VRD) définitifs.
Le montage électromécanique
Le montage électromécanique concerne les travaux réalisés à l’intérieur des bâtiments, incluant l’installation des équipements, des tuyauteries, des pompes, ainsi que des réseaux électriques et de ventilation.
